Un prompt isolé, c’est demander à un collègue de faire une chose. Un workflow, c’est écrire une procédure pour que plusieurs actions s’enchaînent sans vous.
Jusqu’ici, chaque interaction avec l’IA est un événement isolé. Un workflow, c’est une chaîne : quelque chose se passe → l’IA intervient → un résultat est produit quelque part.
Les 5 niveaux, du plus simple au plus avancé. L’objectif n’est pas d’être au niveau 4 — c’est d’être au bon niveau pour chaque tâche.
Vous ouvrez ChatGPT, vous tapez un prompt, vous copiez le résultat.
Exemple : Rédiger un courriel avec CO-STAR.
C’est ce que vous faites depuis le cours 1.
Le prompt s’exécute tout seul selon un horaire.
Exemple : Briefing du lundi à 8h dans ChatGPT Tasks.
C’est ce qu’on a vu au bloc A.
Voir le guide des tâches programmées →L’IA connaît déjà votre rôle, vos documents, votre style.
Exemple : Un Projet Claude configuré pour la reddition de comptes.
C’est ce que vous avez vu au cours 2.
Un déclencheur externe lance une chaîne d’actions qui inclut l’IA.
Exemple : Un nouveau courriel arrive → l’IA le résume → le résumé est envoyé dans Teams → une tâche est créée dans Todoist.
C’est ce qu’on explore dans ce bloc.
L’IA décide elle-même des étapes à suivre pour atteindre un objectif. Vous définissez le but, elle choisit le chemin.
Exemple : « Prépare le dossier de reddition de comptes du trimestre » → l’agent va chercher les fichiers, compile les stats, rédige le rapport et vous le soumet.
C’est la frontière actuelle.
Chaque workflow a les mêmes 4 composantes. Si vous comprenez ces 4 éléments, vous pouvez concevoir n’importe quel workflow.
Qu’est-ce qui lance le processus?
« Comment est-ce que je sais que cette tâche doit être faite? » La réponse est votre déclencheur.
Que se passe-t-il entre le déclenchement et le résultat?
Où est-ce que je dois intervenir?
Règle fondamentale : jamais d’action irréversible sans validation humaine.
Où atterrit le livrable?
La composante la plus importante et la plus souvent oubliée. Plus l’action est irréversible et visible publiquement, plus le contrôle humain doit être serré.
L’IA fait, je vérifie après coup
Ex : Résumé quotidien que je lis le matin
Risque faibleL’IA prépare, je confirme avant l’envoi
Ex : Brouillon de courriel que je relis avant envoi
Risque modéréL’IA propose, je décide avant toute action
Ex : Réponse à un client que je valide avant envoi
Risque élevéLe paysage actuel selon votre écosystème.
Couche 1 — Prompts planifiés
Un prompt qui s’exécute à intervalle régulier dans Copilot avec accès à vos courriels, calendrier et fichiers SharePoint.
Couche 2 — Copilot dans les apps
Outlook, Teams, Word, Excel, PowerPoint — chaque app a ses propres capacités IA intégrées.
Couche 3 — Power Automate + Copilot
Flux automatisés entre applications. Copilot aide à créer ces flux en langage naturel.
Claude Cowork avec les connecteurs MCP permet des workflows multi-outils : lire Slack, écrire dans Google Drive, créer des tickets dans Linear, etc.
La configuration demande un peu plus de mise en place mais la flexibilité est supérieure.
Claude →Des workflows réalistes pour différents rôles professionnels.
Gestionnaire OSBL
Chaque trimestre, compiler les statistiques d’5 programmes, rédiger un rapport de 3-4 pages et l’envoyer au bailleur de fonds. Temps actuel : 6-8 heures.
Gain estimé
~5 heures par trimestre
Temps après
~1h30 (principalement la validation)
Point Copilot : Dans l’écosystème M365, remplacez Google Drive par SharePoint, Google Docs par Word, et utilisez Copilot dans Word pour rédiger le rapport à partir des données Excel.
Professionnel RH
Recevoir 30-40 CV par courriel pour un poste, les lire un par un, faire une présélection. Temps actuel : 3-4 heures par affichage.
Gain estimé
~2-3 heures par affichage
Temps après
~45 min (validation + personnalisation des courriels)
Important : La validation humaine est non négociable. L’IA peut avoir des biais dans l’évaluation des CV (parcours atypiques, noms à consonance étrangère, trous dans le CV). Un humain doit toujours prendre la décision finale.
Point Copilot : Si les CV arrivent dans Outlook, Copilot peut résumer chaque courriel + pièce jointe directement dans votre boîte de réception.
Chargé de projet
Chaque lundi matin, faire le tour des tâches en cours, des rencontres de la semaine et des priorités. Temps actuel : 45-60 minutes.
Gain estimé
~30 min/semaine (26 heures/année)
Temps après
Supervision légère — vous lisez le briefing le lundi matin
Point Copilot : C’est probablement le cas d’usage le plus naturel pour Copilot M365. Un prompt planifié qui accède à Outlook + Calendar + To Do peut produire ce briefing sans aucun outil tiers.
Conseiller
Après chaque rencontre Teams/Zoom, rédiger un compte-rendu avec les décisions, les engagements et les suivis. Temps actuel : 20-30 minutes par rencontre.
Gain estimé
~15-20 min par rencontre
Temps après
Quelques minutes de relecture
Point Copilot : Copilot dans Teams fait déjà les étapes 1-2-3 nativement. Après une réunion, demandez « Résume cette réunion avec les décisions et les actions » directement dans le chat Teams.
Formateur
Transformer un document de référence en matériel de formation utilisable. Temps actuel : 1-2 heures par document.
Gain estimé
~45-60 min par document
Temps après
Validation du contenu pédagogique avant utilisation
La méthode en 5 étapes.
Cherchez les tâches récurrentes (au moins mensuelles), composées de plusieurs sous-étapes et consommatrices de temps (30+ minutes par occurrence).
Décrivez la tâche comme vous l’expliqueriez à un nouvel employé. Chaque verbe d’action est potentiellement une étape du workflow.
Comment savez-vous que cette tâche doit être faite? Un moment précis? Un événement? Une condition?
Pour chaque étape, demandez-vous : « Si l’IA se trompe ici, quelles sont les conséquences? »
(Temps actuel − Temps après) × Fréquence annuelle = Heures récupérées par année
Formule simple
(Temps actuel − Temps après) × Fréquence annuelle = Heures récupérées/année
Exemple : (60 min − 15 min) × 52 semaines = 39 heures par année pour un seul workflow.
Quel que soit le niveau d’automatisation, quel que soit l’outil.
L’IA prépare, vous envoyez. Jamais d’action automatique irréversible au début. Testez votre workflow 3-4 fois en mode « brouillon » avant de le laisser rouler.
Donnez uniquement l’accès nécessaire à la tâche. Si votre workflow a besoin de lire vos courriels, il n’a pas besoin d’accéder à vos fichiers RH. Moins d’accès = moins de risques.
Votre signature est en bas de la page. Si un workflow envoie un courriel avec une erreur à votre bailleur de fonds, c’est votre nom qui est signé, pas celui de Claude ou de ChatGPT. L’automatisation amplifie — elle amplifie le bon ET le mauvais.